Est-ce que ça se mesure ? Quarante-cinq minutes suffisent pour le savoir.Parlons de votre processLangueFREN

Structure interne et contrôle à travers l’emballage

Contrôler sans ouvrir, sans détruire, sans zone de radioprotection. Disons-le d’emblée : c’est un besoin de fin de ligne et de réception, pas un besoin de pilotage de process. Le reste de cette page n’a de sens qu’à cette condition.

La même plaquette en trois temps : emballage, contenu, défautUne plaquette thermoformée. D’abord la photo : dix alvéoles pleines, rien de visible. Puis l’image térahertz de la même plaquette, recalée sur la photo : le contenu apparaît à travers le conditionnement. Puis les deux défauts se marquent : une alvéole vide et un comprimé fragmenté. LA MÊME PLAQUETTE, EN TROIS TEMPS comprimé fragmenté alvéole vide photo 300 GHz — bande 90 GHz 1 L’emballage, opaque à l’œil Dix alvéoles pleines. Rien à signaler. 2 Le térahertz le traverse Il passe le conditionnement, le contenu apparaît. 3 Le défaut ressort Une alvéole est vide, un comprimé est fragmenté. Images : Fraunhofer ITWM · photo recalée sur l’image térahertz
Le contrôle qui ne demande pas d’extrapoler. La même plaquette en trois temps : le conditionnement fermé, l’image en transmission à 300 GHz, puis les deux défauts — une alvéole vide, un comprimé fragmenté. La plaquette avait été préparée pour reproduire une erreur de production réaliste, le conditionnement restant quasi intact. Images du Fraunhofer ITWM, publiées avec son accord écrit ; la photo a été recalée sur l’image térahertz, ce qui autorise la superposition.

À réception, pour vérifier ce qu’il y a dans un contenant scellé, il faut l’ouvrir. Ouvrir, c’est rompre l’intégrité, engager un nettoyage, parfois détruire l’unité. On échantillonne donc peu, et on extrapole beaucoup. Sur des lots de plusieurs dizaines de milliers d’unités.

En fin de conditionnement, une plaquette thermoformée avec un comprimé cassé ou une alvéole vide se voit. Quand on la regarde. Le contrôle visuel fatigue, et le contrôle par rayonnement X impose une zone contrôlée, une dosimétrie, du personnel formé. Beaucoup de sites y renoncent non pour des raisons techniques, mais parce que la contrainte d’exploitation est trop lourde pour la ligne concernée.

Et sur les produits finis, le contrôle de structure reste destructif : on coupe, on enrobe, on polit, on observe au microscope. Le résultat est excellent, il arrive des jours plus tard, et l’unité examinée n’existe plus.


En bref

Le TERAHERTZ contrôle la présence, l’absence et l’intégrité du contenu à travers un emballage non métallique, sans radioprotection. L’OCT décrit la structure sur 100 à 200 µm sous la surface, mais ne traverse pas un emballage. Aucune des deux ne détecte les métaux : c’est le rôle des rayons X.


Ce qui se mesure vraiment

Deux familles très différentes répondent à ce besoin. L’une traverse l’emballage — et y lit deux choses. L’autre regarde juste sous la surface. Elles ne s’opposent pas. Elles n’observent pas la même profondeur.

Une traversée de l’emballage

Le rayonnement TERAHERTZ traverse les matériaux transparents, translucides et même opaques, carton, plastique, film, mousse. Sauf le métal, qui le réfléchit. C’est ce qui permet d’observer le contenu sans ouvrir. C’est aussi la première question à poser sur votre emballage. Contient-il de l’aluminium, un opercule métallisé, une couche barrière métallique ?

Un écho sur les interfaces internes

Chaque changement de milieu renvoie une partie du signal. Le temps de retour de ces échos donne la position des interfaces, donc une information de structure en couches. Sur comprimé, la démonstration existe : l’imagerie térahertz pulsée a été validée contre microscopie de coupes dès 2007, puis contre microtomographie à rayons X en 2012, et un capteur en ligne a mesuré le coating de comprimés individuels en temps réel dans une turbine en 2011. Ce qui reste à établir est la transposition à travers un emballage industriel, où la distorsion spectrale change les termes du problème.

Une structure juste sous la surface

La tomographie optique cohérente donne la morphologie interne sur 100 à 200 µm sous la surface. Elle donne aussi un descripteur de rugosité de surface, dont l’exploitation reste en cours de validation. La grandeur sort de la physique de la mesure : aucun modèle multivarié à construire ni à maintenir. En contrepartie, elle ne traverse pas un emballage. Elle regarde un objet accessible.

L’argument du TERAHERTZ face aux rayons X est l’innocuité, donc l’exploitabilité, jamais la performance de détection. C’est la nuance la plus importante de cette page, et celle qui est le plus souvent déformée par le marché.

Le chiffre qui la fonde : un photon à 1 THz porte environ 4 meV, contre 26 meV d’agitation thermique à 300 K. Moins d’énergie que ce qui règne déjà dans la matière. Ni effet ionisant, ni effet dissociant, donc aucune radioprotection : pas de zone contrôlée, pas de dosimétrie, pas de contrainte d’implantation.

Et ce que cela ne dit pas. Le TERAHERTZ ne détecte pas les métaux et ne remplace pas le rayonnement X en détection. Ce sont les non-métaux qui lui sont transparents. Le métal, lui, est un mur. Un site qui cherche à détecter un corps étranger métallique ne trouvera pas ici sa réponse, et nous ne la lui vendrons pas.

Quelle technologie pour quel cas

TechnologieCe qu’elle suitMatrices adaptéesEffort de calibrationInstallationLimite connue
TERAHERTZPrésence, absence, intégrité du contenu. Structure en couches. Identification de substanceEmballages transparents, translucides ou opaques non métalliques, solides secsComplet pour une identification. Aucun pour un contrôle de présence ou d’absenceSans contact, sans radioprotection, sans zone contrôléeNe détecte pas les métaux. Forte distorsion spectrale à travers un emballage
Tomographie optique cohérente OCTMorphologie interne sur 100 à 200 µm sous la surface, rugosité, épaisseur de coucheSolides accessibles, coatings, revêtementsAucun : mesure physique directeSans contact, at-line ou en ligneNe traverse pas un emballage. Distance sonde-échantillon à maîtriser à quelques dizaines de microns
Rayonnement X (pour situer)Corps étrangers denses, y compris métalliques. Structure interne en profondeurToutes matrices, y compris emballages métalliquesAucun le plus souventZone contrôlée, radioprotection, dosimétrie, personnel habilitéLa contrainte d’exploitation, pas la performance : c’est elle qui écarte la solution sur beaucoup de lignes

Nous faisons figurer le rayonnement X dans ce tableau bien que nous ne le mettions pas en œuvre. C’est la seule façon honnête de poser l’arbitrage. Sur la détection d’un métal, il reste la réponse. Sur une ligne où la radioprotection est déterminante, c’est une autre famille qui répond.

Où le contrôle se place, et pourquoi il est en fin de ligne plutôt qu’en pilotage

Cette famille de mesures ne s’installe pas dans un réacteur ni dans un sécheur, mais là où le produit est déjà formé, souvent déjà emballé. C’est une limite de périmètre, et il vaut mieux la connaître avant qu’après.

PositionCe qu’elle permet
À réceptionVérifier un contenu sans rompre l’intégrité du contenant, donc contrôler plus d’unités pour le même effort. C’est le cas d’usage où le gain d’échantillonnage est le plus direct.
En fin de conditionnementContrôle de présence, d’absence et d’intégrité sur ligne, sans zone contrôlée. La cadence atteignable est la question à instruire en premier.
At-lineContrôle de structure ou de revêtement sur prélèvements, en quelques secondes, sans préparation ni destruction. Position habituelle de la tomographie OCT.
LaboratoireReste la référence : coupe, microscopie, méthodes destructives. C’est contre elle que se construit et se vérifie toute méthode non destructive.

Ce qu’il faut prévoir de votre côté

  • La composition exacte de l’emballage, couche par couche, épaisseur comprise. Un opercule aluminium ou une couche barrière métallisée arrête le rayonnement TERAHERTZ. C’est un critère éliminatoire, et il se vérifie sur une fiche technique.
  • Des unités défectueuses réelles, en nombre suffisant : comprimé cassé, alvéole vide, défaut de scellage. On ne règle pas un contrôle sans avoir vu ce qu’il doit trouver. Et des défauts fabriqués artificiellement ne ressemblent pas toujours aux défauts de production.
  • La définition écrite du défaut à détecter : taille minimale, position, et surtout le taux de faux positifs acceptable. Un contrôle trop sensible qui rejette 2 % des unités conformes coûte plus cher que le défaut qu’il traque.
  • La cadence de ligne cible et la surface à couvrir. C’est de ce couple que découle l’architecture du système, bien plus que du choix de la technologie.
  • Du temps pour le traitement des données. Les sources disponibles sont explicites sur ce point : une préparation soigneuse des données est essentielle pour une identification fiable. C’est une part substantielle du travail.

Conditions de réussite et limites

Le TERAHERTZ traverse les non-métaux

Il faut le répéter, parce que l’inverse circule. Aucune source technique sérieuse ne revendique la détection de métaux par TERAHERTZ, et la physique va dans l’autre sens. Ce sont les non-métaux qui sont traversés. Son avantage face au rayonnement X est l’innocuité, donc la possibilité de déployer presque partout.

Teneur en eau et polymorphisme : possibles en principe

Ces deux applications sont annoncées comme réalisables par le fabricant ; la gamme de mesure, l’erreur de prédiction et le coefficient de détermination s’établissent à l’essai. La littérature de laboratoire en publie, pour l’eau dans un solide comme pour le polymorphisme ; ce qui reste à établir est la transposition à un objet emballé. L’expression employée est celle de la faisabilité de principe, et elle doit rester au conditionnel. La détermination d’une teneur en eau dans une poudre serait possible, la distinction de polymorphes serait accessible. C’est une faisabilité de principe : nous l’engageons sous forme d’essai.

Les limites physiques sont connues et reconnues

Les liquides polaires, à commencer par l’eau, sont difficiles. Les raies spectrales des solides sont élargies, ce qui réduit la sélectivité. Et à travers un emballage, on subit une forte distorsion spectrale, due à l’absorption par l’eau et à la diffusion. Ces trois points sont énoncés par les sources techniques elles-mêmes. Ce sont eux qui expliquent pourquoi un résultat de laboratoire ne se transpose pas mécaniquement à un produit emballé.

Quatre chiffres rarement publiés, et qui sont vos questions

Résolution latérale, résolution en profondeur, vitesse de balayage, épaisseur maximale mesurable dépendent de la géométrie et du matériau. C’est la liste exacte des questions à poser avant tout engagement, et à porter dans une spécification d’exigences avec la géométrie et le matériau réels de votre produit. Une réponse sur votre échantillon vaut le déplacement.

Ce que cela change, en pratique

Trois éléments de preuve, et il faut les lire pour ce qu’ils sont, ni plus, ni moins.

L’inspection de plaquettes thermoformées est démontrée. Un comprimé cassé et un comprimé manquant sont clairement identifiés à travers l’emballage, à 100 GHz et à 300 GHz. C’est un résultat concret, sur une application concrète, et c’est le meilleur point d’entrée pour un premier essai.

La séparation de substances, nous l’avons établie sur nos propres essais, hors contexte pharmaceutique : sept substances séparées par analyse en composantes principales. Les données appartiennent au client et nous n’en publions aucun chiffre de performance. Ce qui se transpose est une capacité de discrimination, pas une performance. La transposer telle quelle à une identification à travers un emballage serait abusif : c’est précisément là qu’intervient la distorsion spectrale évoquée plus haut. La seule performance qui compte est celle mesurée sur vos unités, dans votre emballage.

La traversée d’un emballage est documentée, en libre accès. Une substance a été identifiée à l’intérieur d’un pli fermé, à travers huit puis seize feuilles de papier. À incidence normale, les réflexions internes recouvrent ses raies ; à l’angle de Brewster, le taux de faux positifs est abaissé d’un facteur d’environ 14 pour l’acide para-aminobenzoïque et 10 pour le lactose monohydraté, à un seuil de corrélation de 0,2. Ce que ce résultat établit est géométrique : l’emballage se traverse, à condition de maîtriser l’angle. Le papier n’est pas une plaquette, et le transfert se démontre par un essai.

Source du troisième point : Molter et al., « Mail Inspection Based on Terahertz Time-Domain Spectroscopy », Applied Sciences 2021, 11(3), 950, doi:10.3390/app11030950, en libre accès. Il s’agit d’inspection postale, pas d’une application pharmaceutique — d’où la prudence sur le transfert.

La tomographie OCT, elle, apporte une valeur directe. Une structure sur 100 à 200 µm sous la surface et une rugosité, sans modèle à construire ni à maintenir, sur un produit qu’on ne détruit pas. Sa résolution axiale, de l’ordre du micromètre, en fait l’outil le plus fin pour les revêtements minces.

Elle n’est pas pour autant « la » technologie des revêtements, et le térahertz n’en est pas exclu. Sur le coating de comprimés, la littérature de référence — souvent signée des mêmes auteurs pour les deux techniques — les dit explicitement complémentaires, et le partage se fait sur l’épaisseur : l’OCT convient aux coatings de 10 à 60 µm, l’imagerie térahertz à partir de 40 µm et au-delà. La première a la finesse, avec une résolution axiale de 0,9 µm, mais la lumière proche infrarouge est diffusée par la matrice et par les pigments. La seconde a la pénétration et l’indifférence aux pigments, au prix d’une résolution axiale de 30 à 40 µm. Employées ensemble sur la même turbine, elles ont couvert de 20 µm à plus de 280 µm.

Lin, Zhang, Markl, Zeitler, Shen, Applied Sciences 2018, 8(12), 2700, doi:10.3390/app8122700, en libre accès. La bonne question n’est donc pas laquelle est la référence, mais quelle épaisseur vous devez voir — et, sur cette page, à travers quoi vous devez la voir : c’est là que le térahertz reste seul en lice. L’arbitrage complet, côté coating.

Questions fréquentes

Est-ce que cela remplace le contrôle par rayonnement X ?

Non, et c’est la réponse qu’il faut entendre en premier. Le TERAHERTZ ne détecte pas les métaux, et sa capacité de détection n’est pas présentée comme supérieure à celle du rayonnement X. Son avantage est d’être non ionisant, donc déployable sans zone contrôlée ni dosimétrie. Si votre problématique est un corps étranger métallique, la réponse reste le rayonnement X. Ou une détection de métaux dédiée. Si votre problématique est qu’une installation X est impraticable sur cette ligne, alors la conversation devient intéressante. En agroalimentaire, c’est votre plan de maîtrise sanitaire, au titre du règlement (CE) n° 852/2004, qui fixe le niveau de détection à atteindre et la conduite à tenir sur un écart : aucun chapitre analytique ne s’y substitue.

Peut-on contrôler à travers une plaquette à opercule aluminium ?

Non. Le métal réfléchit le rayonnement TERAHERTZ : il n’y a pas de traversée, donc pas de mesure du contenu. C’est un critère éliminatoire qui se vérifie sur la fiche technique de l’emballage, avant toute discussion technique. Sur un emballage entièrement polymère ou carton, en revanche, la question redevient ouverte.

Peut-on mesurer une teneur en eau à travers l’emballage ?

C’est annoncé comme possible en principe, et cela s’arrête là. Aucune gamme de mesure, aucune erreur de prédiction, aucun coefficient de détermination n’est publié à ce jour. Nous ne le présentons donc pas comme une méthode disponible, mais comme un essai à mener, avec un résultat incertain et un périmètre défini à l’avance. Si vous avez besoin d’une mesure d’humidité qualifiée, d’autres voies sont aujourd’hui mieux établies.

Quelle cadence peut-on tenir en fin de ligne ?

La vitesse de balayage ne fait pas partie des spécifications publiées, et nous n’inventerons pas de chiffre. C’est l’une des quatre questions à porter dans votre spécification d’exigences, avec la résolution latérale, la résolution en profondeur et l’épaisseur maximale traversable. La seule réponse qui vaut est celle obtenue sur vos unités, dans votre géométrie, lors d’un essai.

Peut-on suivre un process avec ces technologies ?

Pas le TERAHERTZ, dans l’état des preuves disponibles : il travaille sur un produit formé, souvent emballé, donc en aval. La tomographie OCT, elle, se rapproche du process. Elle est utilisée en ligne sur des opérations de revêtement. Mais pour piloter un mélange, un séchage ou une réaction, il faut regarder ailleurs. Nous vous le dirons, plutôt que d’étirer le périmètre de ces deux familles.

Comment sait-on que la méthode fonctionne sur notre produit ?

Par un essai sur vos unités réelles, avec vos défauts réels, dans votre emballage réel. Rien d’autre ne répond. Une conclusion documentée (ce que l’emballage atténue, ce que la distorsion spectrale laisse discriminer, jusqu’où la résolution descend au regard du défaut cherché) est un livrable utile, et bien moins coûteuse qu’une installation dont la tenue reste à établir. C’est une réponse que nous donnons régulièrement, et nous l’assumons.

Envoyez-nous la description de votre emballage et du défaut à trouver. Nous vous dirons si c’est visible.

Quarante-cinq minutes suffisent : si votre emballage est traversable, si le défaut recherché est à l’échelle de ce que la technologie voit, quelle position dans la ligne conviendrait, et quelles questions poser sur les spécifications non publiées. Certains cas appellent une autre voie — opercule métallique, défaut trop fin, corps étranger métallique à détecter : vous repartirez alors avec celle qui convient.