Est-ce que ça se mesure ? Quarante-cinq minutes suffisent pour le savoir.Parlons de votre processLangueFREN

Quality by Testing ou Quality by Design

Le contrôle qualité classique prélève quelques points et juge le résultat. Le Quality by Design construit la qualité pendant la fabrication, et la mesure sert à la conduire plutôt qu’à la constater.

Les deux approches coexistent dans la plupart des ateliers, et la seconde ne supprime pas la première. PAT-INDUSTRY accompagne ce déplacement en pharma, biopharma, chimie, cosmétique et agroalimentaire.


Deux façons d’obtenir la même conformité

Quality by Testing

  • C’est elle qui établit la valeur de référence, et c’est elle qui libère le lot
  • Des instantanés, à quelques moments choisis
  • Le plus souvent en fin d’opération
  • Le verdict arrive après que la décision a été prise
  • Entre deux prélèvements, le procédé n’est pas observé
  • Chaque prélèvement porte son biais d’échantillonnage

Quality by Design et PAT

  • Une mesure continue, du début à la fin
  • Sur les attributs du produit et les paramètres du procédé
  • In-line, on-line ou at-line, selon l’accès
  • L’écart se voit pendant qu’on peut encore agir
  • En in-line, aucun prélèvement physique — mais le champ de vue du capteur reste un incrément, et sa position décide de la représentativité

La différence n’est pas la précision de la mesure, c’est le moment où elle arrive. Un laboratoire finit toujours par dire ce que contenait le lot. Il le dit après que le lot est fait.

Ce que le Quality by Design n’est pas

Trois malentendus reviennent, et chacun coûte un projet.

Ce n’est pas un dossier. Le Quality by Design produit de la documentation, mais son objet est la connaissance du procédé. Un dossier épais sur un procédé mal compris ne fait pas un QbD ; quelques pages qui expliquent réellement d’où vient la variabilité, oui.

Ce n’est pas réservé aux nouveaux produits. L’approche est née dans le développement, elle s’applique à un procédé en production depuis quinze ans. La différence est qu’on dispose alors d’un historique, ce qui est un avantage et non un handicap.

Ce n’est pas la fin du contrôle qualité. Le laboratoire reste la référence contre laquelle les modèles sont construits et vérifiés. Ce qui change est le volume de routine, pas le rôle.

Ce que cela change dans un atelier, concrètement

Le déplacement se lit sur trois gestes du quotidien.

La décision d’arrêt. En Quality by Testing, une opération s’arrête sur une durée validée, calculée avec une marge qui couvre le lot le plus lent. Tous les autres paient cette marge. En PAT, elle s’arrête quand la grandeur suivie atteint son critère.

L’investigation de déviation. Sans mesure continue, on reconstitue ce qui a pu se passer à partir de quelques points et de la mémoire des équipes. Avec la signature de process, on regarde la courbe et l’on voit le moment où elle a divergé des lots conformes.

Le transfert d’échelle ou de site. Comparer deux procédés sur des résultats de fin de lot dit s’ils donnent le même produit. Les comparer sur leurs trajectoires dit s’ils fabriquent de la même façon — ce qui n’est pas la même question, ni la même robustesse.

D’où vient le terme, et ce que disent les textes

Le Quality by Design est formalisé pour la pharma par ICH Q8, complété par Q9 sur la gestion du risque et Q10 sur le système qualité. Le guide PAT de la FDA, publié en septembre 2004, en est le versant instrumental : il décrit comment la mesure sert la compréhension et la conduite du procédé.

Et la validation elle-même change de forme. ICH Q8(R2) oppose, dans son annexe, la validation « fondée principalement sur les premiers lots à pleine échelle » à une « approche cycle de vie et, idéalement, une vérification continue du procédé ». Cette vérification continue du procédé — continuous process verification — y est définie comme « une approche alternative à la validation de procédé, dans laquelle la performance du procédé est surveillée et évaluée en continu ».

⚠️ À ne pas confondre avec la continued process verification de la FDA, qui est la troisième étape de son cycle de validation, après la conception et la qualification des performances. Les deux expressions se traduisent presque pareil en français et ne désignent pas la même chose : l’une remplace la validation classique, l’autre la prolonge. C’est une confusion fréquente, et elle change ce qu’on promet dans un dossier.

Nous conservons le terme en anglais, y compris en français. C’est celui qu’emploie la communauté professionnelle, et le traduire rendrait le propos moins clair, pas plus.

Hors pharma, la démarche n’a pas de texte fondateur unique, et elle est pourtant largement pratiquée : maîtrise statistique des procédés, plans d’expériences, capabilité. Le vocabulaire diffère, la logique est la même.

Quand un procédé est-il « bien compris » ? La définition de la FDA

Le guide PAT de la FDA — PAT — A Framework for Innovative Pharmaceutical Development, Manufacturing, and Quality Assurance, CDER/CVM/ORA, septembre 2004 — pose trois conditions.

  1. Les sources critiques de variabilité sont identifiées et expliquées.
  2. La variabilité est maîtrisée par le procédé lui-même.
  3. Les attributs qualité du produit se prédisent, avec exactitude et fiabilité, sur le design space établi — matières employées, paramètres de procédé, fabrication, environnement.

Le texte ajoute une phrase qui vaut critère : « The ability to predict reflects a high degree of process understanding. » La prédiction est le test : c’est elle qui atteste le degré de compréhension atteint.

Le Quality by Design demande cette compréhension. Les mesures faites pendant le procédé sont ce qui permet de l’établir, puis de la démontrer — c’est le fil des quatre phases de notre démarche.

Questions fréquentes

Faut-il choisir entre les deux ?

Non, et les présenter comme exclusives serait faux. La quasi-totalité des ateliers combinent les deux : des contrôles libératoires classiques, et une ou deux mesures en ligne là où elles changent une décision. Le mouvement est graduel, opération par opération.

Une mesure continue produit-elle trop de données ?

Elle en produit beaucoup, et la question n’est pas le volume mais ce qu’on en garde et pourquoi. Spectre brut, spectre prétraité, valeur prédite : les trois n’ont ni la même utilité ni la même durée de vie utile. Cette décision se prend au début du projet, pas quand l’espace disque manque.

Le Quality by Design impose-t-il de refaire la validation ?

Ajouter une mesure en observation ne modifie pas le procédé validé. Ce sont les décisions prises à partir d’elle qui peuvent constituer un changement — arrêter sur un critère mesuré, remplacer un contrôle. La question se pose au moment où la mesure cesse d’observer pour agir, et elle s’anticipe au cadrage.

Sur quelle opération payez-vous une marge de sécurité ?

Une durée fixe, une attente de résultat, un contrôle systématique. Quarante-cinq minutes suffisent pour estimer ce qu’une mesure continue y changerait.

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